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how do you want me? (Ambregris)

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› MESSAGES : 71
› DATE INSCRIPTION : 17/07/2016



Sujet: how do you want me? (Ambregris)
Lun 25 Juil - 1:18


       
how do you want me?
AMBREGRIS & BRONWEN


“Baby, I wanna touch you
I wanna breathe into your well
See, I gotta hunt you
I gotta bring you to my hell
Baby, I wanna fuck you,
I wanna feel you in my bones
Boy, I'm gonna love you
I'm gonna tear into your soul ”


Le souffle chaud court sur sa nuque, arrachant au passage un long frisson. Sa main part à la recherche d'une joue sur laquelle se poser. Le corps entier frémit de désir. Elle le veut comme elle n'a jamais voulu personne. Elles le veulent. Le torse chaud contre son dos lui donne la force de résister aux appels incessants de l'autre. La seule qui ne se fait pas discrète. L'excitation est doublée avec l'autre. La sensibilité aussi. Les doigts glissent le long de sa poitrine, y suivent les différentes courbes. Elle sent la virilité se presser contre le creux de ses reins. La bouche se perd près de son oreille puis le long de son cou. Un sourire apparaît. Affamé presque carnassier. Ce n'est pas le sien. Le contrôle lui échappe. La présence de l'autre grandit à l'intérieur. Elle veut vivre l'instant et sous la lutte le crâne menace d'exploser. Bronwen se rattrape à tous les détails autour d'elle, toutes les caresses dont il l'honore. Avec les années, elle a appris à faire semblant et de la bataille intérieur, rien de transparaît sur son visage. Une fois débarrassée de ce dernier morceau de linge, elle se retourne pour lui faire face. Les relents d'alcool sont ignorés. Elle ne pense qu'à ces mains meurtrières qui se posent sur elle. Découvrent avec passion les courbes qui ne demandent que ça. Les regards se croisent et l'écran noir s'invite. Il tombe d'un coup et laisse Joan complètement frustrée par ce manque de générosité.
Les ongles coulent entre les cheveux pour éliminer les derniers nœuds. Assisse en tailleur sur son lit, elle attend comme presque tous les matins l'heure où on viendra faire glisser la porte de sa cellule pour la libérer de cet enfermement. Bronwen n'a pas fermé les yeux pour la troisième nuit consécutive et les signes commencent à être visibles. Les traits tirés qu'elle rafraîchira avec un coup d'eau froide. Les membres tremblants de fatigue qu'elle tentera de cacher un maximum. L'irritabilité qu'elle mettra sur le dos d'un Roscoe bougon. Mais la perte de contrôle, elle ne pourra rien n'y faire. Ils en profitent car avec le manque de sommeil, elle n'arrive plus à lutter. Eux, ils se reposent plus ou moins. Profitent de quelques instants pour disparaître complètement et restaurer leur énergie. C'est comme ça qu'elle tient le plus souvent, grâce à eux. Les lucioles partagent les forces pour éviter que le corps s’effondre. Ils aiment ça même s'ils s'inquiètent, mais pour eux, c'est beaucoup plus facile d'envoyer la petite Bronwen dans les méandres intérieurs quand elle n'a plus aucune force pour objecter. Alors que l'absence de l'annulaire profite à quelques nœuds qui  échappe à l'extermination, les lucioles se chamaillent déjà le corps. Elle les entend, mais ne les écoute pas. Un charabia indistinct. Des murmures et quelques fois un mot plus haut que l'autre, elle sursaute. L'attention déjà fragile est quasiment absente avec le manque de sommeil. C'est une coquille vide assisse sur un lit inconfortable. Une victime aux doigts ensanglantés et aux démons féroces. Il court. Il hurle. Il frappe de ses poings cruels les parois de la cellule dans laquelle les autres l'ont enfermé. Le silence puis le rire. Il éclate d'une joie sadique en relâchant les bribes des souvenirs funestes. Il est là. Il ne l'a jamais quitté et de sa cage il surveille. Attend le meilleur moment pour s'évader de nouveau. Lui, le fou aux idées sadiques. Ou elle. Les lucioles sont les seuls à savoir qui est ce criminel. L'un des leurs. Le sauveur et le destructeur. L'amour se mêle à la peur. L'admiration à la haine. Mais ils ne doivent faire qu'un.
Tu le cherches, n'est-ce pas? Bien évidemment. Le sourire en coin, les mains dans le dos et l'allure joueuse. Elle a réussi à se libérer de l'atelier cuisine après avoir laissé brûler les sablés. La fatigue a-t-elle raconté. Elle ne dort pas et on trinque à sa place, vous comprenez ? C'est vraiment con cette histoire, surtout qu'ils avaient l'air bon, mes sablés. raconta-t-elle avec une moue attristée pour épouser le personnage. Le meilleur serait vraiment que j'aille le voir pour lui en parler avant qu'elle ne revienne, vous pensez pas ? Il n'en pensa rien et la libéra d'un geste de la main, bien content de se débarrasser d'elle. Ils voient tous son jeu, ils comprennent ses tours de manipulation, les yeux de biche et la bouche qui s'ouvre pour donner un peu de plaisir. Certains en profite et d'autres feignent l'ignorance. La peluche se balance au bout du bras et les lanières du sac touchent le sol. Elle sautille dans les couloirs, se calme quand un employé croise sa route. La tête basse, les pieds traînent et un petit sourire poli montre un respect inexistant. Elle reprend sa route tout en rêvassant des derniers souvenirs qu'on lui a accordés. L'anatomie masculine contre le corps. Ne fais pas ça! « Je vais me gêner. » Bronwen n'est plus sur le trône. Délogée sournoisement par la garce juste après le petit-déjeuner. Les portes s'ouvrent sur son passage et quand on lui demande où elle va, la voix la plus innocente répond qu'elle a vraiment besoin de le voir et qu'il l'attend. Un mensonge que personne ne prend la peine de vérifier. Ils ont l'habitude de la voir se promener et pour être certaine de ne pas être renvoyée à l'atelier, il lui arrive de faire semblant. Être une autre Luciole. Personne ne veut contrarier la petite Cat qui tient fortement la peluche contre sa poitrine. Quand c'est le cas, elle perçoit l'énervement de la véritable Cat, mais Joan n'en a rien à foutre. La dernière porte et le long couloir se présente à elle. Les portes puis les murs passent sous sa main gauche. Il ne faut que quelques minutes, ou peut-être plus, la luciole s'est laissée de nouveau absorber par les vagues souvenirs d'une nuit récente dans les bras d'un presque inconnu, avant que la porte ne s'ouvre. Un patient s'échappe du bureau, visiblement pressé de sortir de cette intimité que créer l'espace confiné. Absolument tout ce que la Joan veut. Le pied rapide empêche la porte de se refermer et une fois le fou hors de vue, elle se faufile à l'intérieur. Sans un bruit, elle referme doucement la porte. « Bonjour. » Le visage s'est transformé en passant le seuil. La voix aussi, moins chantante. L'invitation n'est pas attendue pour s'avancer et s'installer sur le siège libre. La peluche tombe près des pieds et le dé métallique à l'intérieur heurte le briquet dans un bruit métallique.«Faut qu'on parle. »  Le ton ne laisse pas le moindre doute sur le sujet qu'elle veut aborder. La fameuse nuit. Le regard n'a pas quitté une seule fois le psychiatre. Elle le dévore des yeux. « Je peux pas rester comme ça. » A faire semblant de n'être que simple psychiatre et patiente. Faire semblant d'être Bronwen alors que c'est encore Joan qui se trouve en face de lui.


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Sujet: Re: how do you want me? (Ambregris)
Dim 31 Juil - 15:41

Les prunelles sombres dévisagent l'illuminé qui se tient sur la chaise. Une tête qui va d'avant en arrière, un regard fuyant. Le patient bégaie ses réponses sans vraiment faire d'efforts pour être compréhensibles. Le ton d'Ambregris est sentencieux. Il prend de haut le pauvre type, comme il le fait avec la plupart des gens. Il ne s'en rend plus trop compte. Son accent sudiste tranche l'air et il s'amuse à le faire siffler. Les mains se sont immobilisées, le stylo à encre a été posé sur le bureau d'ébène et le carnet à la reliure de cuir n'a pas tardé à le rejoindre. Ambregris a décidé de faire travailler sa mémoire, aujourd'hui. Il penche doucement la tête tandis que Jerry Holmeyer bégaye de plus belle. Delacroix fait de son mieux pour retenir les bribes d'informations qu'il glane entre deux « b-b-b-b », la consonne sur laquelle son patient bute avec une sorte d'obstination malsaine. Le pauvre n'a de toute façon plus toute sa tête. Ambregris rompit alors le contact visuel avec ce patient qui ne le regardait pas, et se mit à observer le boulier chinois qui trônait dans un coin de son bureau. Il déplaça les boules rouges avec des gestes délicats, car l'objet était ancien. Il le délaissa bien vite, car ses mains lui réclamaient une toute autre chose. Un contact différent, une matière qui l'était aussi. La mémoire se pervertit et des images lui parvinrent. Ses mains serrant fort, si fort, le cou de cette patiente à l'institut de Bâton-Rouge. Les yeux injectés de sang tournant comme des billes dans leur orbite. Les derniers hoquets et sursauts de vie de l'aliénée. La folie partagée l'espace d'un instant. Légitime défense aux yeux du psychiatre. Bien sûr. Évidemment. Le regard du psychiatre oscilla, il porta une main à son menton pour l'y recueillir. Il émergea de ses pensées pour fixer intensément Holmeyer, quarante-trois ans, responsable du meurtre de sa femme et de ses trois filles. Il serra les dents en entendant sa conscience lui souffler pour la centième fois qu'il n'était pas si différent de ce patient. Il secoua la tête, décidé à ne pas laisser sa conscience s'immiscer sur son lieu de travail. Il décida de reprendre en main carnet et stylo, et au prix d'un effort considérable, concentra son attention sur les palabres maladroites de son patient.

La fin de la séance arriva plus tôt qu'il ne l'aurait cru. Ambregris ne se leva pas pour accompagner son patient, celui-ci connaissait le chemin, et ne perdit d'ailleurs pas une seule seconde pour s'extirper de la chaise et battre en retraite dans le couloir sans un mot pour le psychiatre. Ambregris passa une main désabusée sur son visage, et ne vit pas la porte rester entrouverte, un pied s'étant interposé pour l'empêcher de se refermer. Ce fut le manquement à l'appel de ce claquement auquel il s'était habitué qui attira son attention. Il baissa sa main et Bronwen entra dans son champ de vision. Delacroix se fit violence. Les souvenirs l'assaillaient une nouvelle fois. La peau claire contre la sienne. Ses soupirs, ses gémissements. La chaleur de son corps. Ambregris avala le nœud qui s'était formé dans sa gorge, à la fois déterminé et incapable de lutter contre l'envie qui lui nouait le ventre chaque fois qu'il se retrouvait face à elle. Ou plutôt elles. A la formule de politesse, il répondit sur un ton qu'il tenta de garder neutre « Bonjour, Bronwen. » La siège libre ne le resta pas. Elle prit place devant lui et il fit glisser son regard sur sa silhouette, avant de détourner le regard. Faut qu'on parle. Il inspira profondément, puis plongea son regard dans celui de la jeune femme. La barrière déjà maigre et fragile qui se trouvait entre eux venait de prendre un coup, et Ambregris ignorait combien de temps encore elle pourrait tenir. Combien de temps avant qu'il ne laisse libre cours à son désir. Car il la désirait. Follement. Aussi dangereuse soit-elle. Il entreprit de calmer les battements précipités de son palpitant, puis répondit en mesurant ses propos : « Il va bien falloir, pourtant. » Ambregris, un bon menteur ? Elle le lui dirait. Quel choix avaient-ils, au juste ? Pas le moindre. La barrière devait tenir. Résister face aux attaques de Bronwen et ses autres. Delacroix changea de sujet en sentant son désir le gifler violemment. « Vous voulez bien me parler de vos rêves, Bronwen ? » Tout pour ne pas en parler. De cette fameuse nuit. Tout pour ne pas céder Bronwen un peu plus de terrain dans les méandres de ses pensées les plus interdites.
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